Pierre Desproges est un des grands humoristes français de la fin du vingtième siècle. Ses chroniques de radio et ses émissions à la télévision renvoient l'image d'un amoureux de la langue française doté d'un humour noir, d'un anticonformisme virulent et d'un magistral sens de l'absurde. Voici une de ses chroniques radio sur les gros mots, avec le texte joint et documenté pour ceux qui auraient du mal à suivre!

Lors d'une récente interview sur cette chaîne de radiophonie, qui diffuse désormais sur 1852 mètres, c'est à dire tout de même 1848 mètres 25 de plus que le champion du monde de saut en hauteur - fallait le dire - monsieur Arthur Conte a dit, en substance, que la seule censure qu'il s'était permise lors de son règne sur les antenness'était exercée à l'encontre des gens qui disaient des gros mots. Alors faites-excuse, M. Arthur, mais ce problème des gros mots me turlupine depuis que je suis en âge de reconnaître un mâle d'une femelle dans une assemblée hétérosexuelle, c'est vous dire à quel point ça remonte à la maternelle!

Il y a des lustres, huit lustres et demi pour être précis, que je rongeais mon Mistral Gagnant2 - car je n'aime pas les freins3 - avec l'envie d'en débattre ou d'en découdre un jour avec un gromotophobe4 si possible notoire. Aujourd'hui où j'ai mon émission où on me laisse dire des mots de toutes les tailles, voici que vous tombez à pic pour nourrir mon courroux coucou Villerslâche-moi.

Permettez-moi M. Arthur, de vous faire remarquer - avec humilité, car vous auriez pu être mon grand-père pour peu que ma grand-mère eût eu le cul pincé6 - permettez-moi M. Arthur de vous faire remarquer que la base de la cuisine française repose avant tout sur deux ingrédients indispensables: le gros sel et le sel fin. De même la langue française, pour laquelle il reste à prouver que j'ai moins de respect que vous, est faite de mots à moutures7 variables: petits mots, mots moyens, mots durs, mots doux et gros mots. Est-il besoin de rappeler à un érudit répertorié dans les salons du Sud-Ouest et même au-dessus, que François Rabelais7 - à qui vous n'en voudrez pas de figurer dans le Larousse alors que vous n'avez pas fini d'attendre devant - Rabelais fut en son temps le plus éblouissant serviteur des belles Lettres françaises, et non pas malgré mais à cause de l'artisanale magie de son verbe, dont les superbes jurons colorés déculottaient déjà les hémiplégiques du langage qui cachent leurs mots crus et montrent au tout venant leurs langues cuites, surbouillies, sans saveur et sans images.

On vous dit féru d'histoire de France, M. Arthur, mais quel comte, quel duc, quelle Altesse - hormis les falots8 et cireux Orléans9 qui clapotent au ras du trône des toilettes pour princes - quel roi de France trouve grâce à vos yeux baissés dans ce procès rabat-joie que vous faites à leur verve10

Mais M. Arthur, au souper d'Henri IV, vous vous fussiez caché au fond du pot de la poule11,  pour ne point ouïr les jurons du Béarnais12! Allons, bougez-vous, M. Conte! Laissez-tomber Jean-Claude Bourret13 et Henri Bordeaux14! Essayez Jean Genet15, Léotaud16, Léon Bloy17, Ronsard18, Duneton19 , tenez! Ecoutez Pierre Perret20, Brassens21 ou le petit Renaud22! N'ouvrez pas les oreilles de vos petits-enfants à la seule voix de Chantal Goya23, dont rien ne vous permet d'affirmer qu'elle et sa Bécassine24 sont moins vulgaires que les trois Margotons25 qui rebondissent et caracolent dans le lit chaud des mots charnels qu'on trousse au coin des farandoles éternelles.

A qui ferez-vous croire, M. Arthur, que les gros mots perturbent l'éducation des enfants? Au nom de quelle morale ratatinée nous ferez-vous encaisser qu'un mot leste - c'est-à-dire agile et léger, en bon français - puisse surprendre et traumatiser un enfant devant un téléviseur? Faut-il que vous soyez amnésique, papi, pour avoir oublié vos chants de la communale26 qui sont encore en vogue et véhiculent aux quatre vents tous les mots anatomiques hormis testicule et postérieur pour décrire aux porteurs de bretelles le dessous de leur ceinture.

Vous citez avec un émerveillement patelin27 le bien parler des pauvres, exempts dites-vous de tout écart de langage. Mais vous savez fort bien que souvent les gens du peuple n'ont pas les moyens d'être grossiers sans passer pour vulgaires à leurs propres yeux. Le peuple, c'est lui qui a inventé les gros mots. Mais c'est vrai qu'il est parfois timoré28, le peuple, et je vous accorde qu'on a jamais vu un garçon de ferme arriver sans  cravate dans une noce de parvenus en bermuda. Mais pour le reste, mon président, sachez que c'est de bon droit que le langage est fleuri. C'est vous qui piétinez ses plates-bandes29!

1. Arthur Conte a été président de l'Officede Radiodiffusion-Télévision Française.
4. Néologisme de Desproges. Celui qui hait les gros mots.
5. Claude Villers participait à l'émission Le tribunal des flagrants délires avec Pierre Desproges.
7. Mélange de froment, seigle, et orge, qui peut être fin ou gros.
8. Qui est insignifiant jusqu'à en devenir comique.
11. Référence à la poule au pot, un plat traditionnel de la gastronomie française.
12. Surnom donné à Henri IV, originaire de l'ancienne province française du Béarn, située au pied des Pyrénées.
25. Nom de femme, diminutif de Margot, et pris presque toujours en mauvaise part
26. Ecole communale.
27. Qui tâche d'en venir à ses fins par des manières flatteuses, faussement aimables, insinuantes.
28. Qui a peur d'agir, craintif

Voici les paroles d'une chanson de Renaud, un des chanteurs les plus populaires en France et l'un des plus connus dans la francophonie. Il utilise ses chansons pour critiquer la société, rendre hommage ou faire sourire par un usage intensif d'argot dans ses paroles.
Ce Eh Manu est intéressant, car on peut penser qu'il s'adresse à un ami, mais aussi à lui-même, car son nom complet est Renaud Pierre Manuel Séchan.


Eh Manu rentre chez toi
Y'a des larmes plein ta bière
Le bistrot va fermer
Pis tu gonfles la taulière
J'croyais qu'un mec en cuir
Ca pouvait pas chialer
J'pensais même que souffrir
Ca pouvais pas t'arriver
J'oubliais qu'tes tatouages
Et ta lame de couteau
C'est surtout un blindage
Pour ton coeur d'artichaut

Eh déconne pas Manu
Va pas t'tailler les veines
Une gonzesse de perdue
C'est dix copains qui r'viennent

On était tous maqués
Quand toi t'étais tous seul
Tu disais j'me fais chier
Et j'voudrais sauver ma gueule
T'as croisé cette nana
Qu'était faite pour personne
T'as dit elle pour moi
Ou alors y'a maldonne
T'as été un peu vite
Pour t'tatouer son prénom
A l'endroit où palpite
Ton grand coeur de grand con

Eh déconne pas Manu
C't'à moi qu'tu fais d'la peine
Une gonzesse de perdue
C'est dix copains qui r'viennent

J'vais dire on est des loups
On est fait pour vivre en bande
Mais surtout pas en couple
Ou alors pas longtemps
Nous autres ça fait un bail
Qu'on a largué nos p'tites
Toi t'es toujours en rade
Avec la tienne et tu flippes
Eh Manu vivre libre
C'est souvent vivre seul
Ca fait p't'être mal au bide
Mais c'est bon pour la gueule

Eh déconne pas Manu
Ca sert à rien la haine
Une gonzesse de perdue
C'est dix copains qui r'viennent

Elle est plus amoureuse
Manu faut qu'tu t'arraches
Elle peut pas être heureuse
Dans les bras d'un apache
Quand tu lui dis je t'aime
Si elle te d'mande du feu
Si elle a la migraine
Dès qu'elle est dans ton pieu
Dis lui qu't'es désolé
Qu't'as dû t'gourrer d'histoire
Quand tu l'as rencontrée
T'as dû t'tromper d'histoire

Eh déconne pas Manu
Va pas t'tailler les veines
Une gonzesse de perdue
C'est dix copains qui r'viennent

Eh déconne pas Manu
Va pas t'tailler les veines
Une gonzesse de perdue
C'est dix copains qui r'viennent

Eh déconne pas Manu
C't'à moi qu'tu fais d'la peine
Une gonzesse de perdue
C'est dix copains qui r'viennent
Ey Manu regresa a casa
Hay lágrimas en tu chela
El bar va a cerrar
Y molestas a la patrona
Creía que un maleante
No podia chillar
Que ni siquiera sufrir
Te podía pasar
Olvidaba que tus tatuajes
Y tu navaja filosa
Son sobretodo un blindaje
Para tu corazón de melón

Ey no chingues Manu
No te talles las venas
Una vieja de perdida
Son diez cuates de vuelta

Todos teníamos vieja
Cuando tu andabas solo
Decias: "pinche güeva
Quiero salvar mi jeta"
Cruzaste esa chava
Que para nadie estaba hecha
Dijiste: "Es para mí
O sino no hay justicia"
Te apresuraste un poco
Para tatuar su nombre
En donde palpita
Tu gran corazón de idiota

Ey no chingues Manu
Es a mi que das pena
Una vieja de perdida
Son diez cuates de vuelta

Te digo algo somos lobos
Vivimos en manada
Y nunca en pareja
O nomas un ratito
Nosotros hace un chingo
Que plantamos a las chiquillas
Tu sigues colgado
Con la tuya y te agüitas
Ey Manu vivir libre
A menudo es vivir solo
[El corazon se desgarra
Pero es bueno para la jeta] mal traduit

Ey no chingues Manu
El odio a nada sirve
Una vieja de perdida
Son diez cuates de vuelta

Ya no esta enamorada
Manu tienes que largarte
No puede ser feliz
En los brazos de un malandro
Cuando le dices "te amo"
Si te pide fuego
Si le duele la cabeza
Cuando llega a tu cama
Dile que lo sientes mucho
Que te equivocaste de acera
El día que la conociste
Te equivocaste de historia

Ey no chingues Manu
No te talles las venas
Una vieja de perdida
Son diez cuates de vuelta

Ey no chingues Manu
El odio a nada sirve
Una vieja de perdida
Son diez cuates de vuelta

Ey no chingues Manu
Es a mi que das pena
Una vieja de perdida
Son diez cuates de vuelta

J'avais déjà raconté mon expérience pour passer le permis au mexique ici. Voici une petite vidéo du fameux François l'embrouille sur comment le passer en France...

Contrepèterie: jeu de mots consistant à permuter certains phonèmes ou syllabes d'une phrase afin d'en obtenir une nouvelle, présentant alors un sens indécent masqué par l'apparente innocence de la sentence initiale.
Ex: Ma grand-mère est
folle de la messe devient Ma grand-mère est molle de la fesse.

Le bon goût voudrait que l'on ne révèle jamais la solution d'une contrepèterie, chacun devant la trouver lui même. On dit qu'il faut être trois pour apprécier une bonne contrepèterie: celui qui l'énonce, celui qui la comprend et celui qui ne la comprend pas.

En voici quelques-unes:
Faciles:
J'ai le sang qui bout.
Je te laisse le choix dans la date.
Chez la femme, le cou est bien près du tronc.
Ce jeune séminariste s'imagine déjà en curé avec une calotte.
C'est vraiment une fine appellation!
Elles adorent papoter sur le tennis.
Les filles de Troie offrent leurs deux joues.
Spéciale mondial: Les fans de foot ne demandent à Cissé que des buts.
Les Savoyards réchauffent leurs bottes dans les marmites !
Plus difficiles:
On n'est jamais très fort pour ce calcul.
Le boutre du sultan coule le long du confluent de la Garonne.
L'aspirant habite Javel.
Le poète qui rêve est un néant fécond (Victor Hugo).
J'ai le nom de la Russe sur le bout de la langue





Une chanson culte d'un des monuments de la chanson francophone, Jacques Brel. En plus des paroles et de la façon de chanter, c'était un grand acteur. Il est avec Georges Brassens, Léo Ferré, Edith Piaf, une icône de la chanson "française" (entre guillemets car il était belge).


On sait souvent ce que pensent les étrangers de la france: la culture, le fromage, le vin, les bains peu fréquents.... Mais que pensent les français des autres français? Voici un petit aperçu.


Voici une petite chanson d'alcooliques qui vous rappellera peut être quelques fins de soirée trop arrosées et solitaires...

Encore une nuit passée à boire
Encore une nuit où je rentre trop tard
Cramé comme le dernier des pochards
A zigzaguer tout seul sur le trottoir

Encore une nuit où comme à chaque fois
Je rentre avec ma bite sous le bras
A force, j'ai les aisselles qui puent le gland
Et la bite qui sent le déodorant

Mais moi quand je suis à jeun, j'arrive pas
A parler aux filles, à les aborder
Alors pour me donner du courage, je bois
Mais après je suis saoul, je les gave et je me fais jeter

Y'en aura bien une qui me trouvera touchant
Avec mon regard bovin et mes quatre grammes dans le sang
Mon haleine vinassée et mon teint rougeaud
Et mes pieds qui traînent dans le caniveau

Mais un jour, qui sait, peut-être que dans mon bistrot
Je croiserai une princesse belle comme une actrice de porno
Elle me regardera et qui sait même si je suis pas beau
Elle sourira plein de tendresse et viendra me chercher dans le caniveau
Et tous les soirs, loin de ces poches, tous mes collègues de bistrot
Je m'endormirai dans les bras d'une femme qui sera qu'à moi
Qui sera douce et jolie comme Isabelle Giordano
Et qui m'aimera comme je suis et même si je suis pas beau

Les oiseaux chantent, ça sent le matin
Et ma gueule de bois du lendemain
Je vais encore me coucher habillé, la lumière allumée pour pas gerber

Mais demain est un autre soir où je recommencerai à boire
Où je me reprendrai des râteaux et où je finirai dans le canivea
u
Otra noche pasada a chupar
Otra noche en que regreso muy tarde
Ciego como el último de los borrachos
A titubear solito en la banqueta

Otra noche que como siempre
regreso con mi verga bajo el brazo
A fuerza, tengo las axilas que apestan a pito
y el pito que huele a desodorante

Pero cuando estoy en ayunas no logro
hablar con las chicas, ni tratarlas
Entonces para darme coraje chupo
Pero después ando borracho las chingo
y me mandan al carajo

Habrá bien una que se conmoverá de mi
con mi mirada bovina y mis cuatro gramos en la sangre
mi aliento a vino y mi cara rojiza
Y mis patas que arrastro en la alcantarilla

Pero un día, a lo mejor, quién sabe, en mi cantina
Me toparé con una princesa bella como una actriz de porno
Me mirará y quién sabe aunque no esté guapo
Me sonreirá llena de ternura y vendrá a buscarme en la alcantarilla
Y todas las noches, lejos de esos borrachos, todos mis colegas de chupe
Me dormiré entre los brazos de una mujer que será solo mía
Que será dulce y bella como Isabelle Giordano
Y que me amará como soy aunque no esté guapo

Los pájaros cantan, huele a mañana
Y a mi cruda del amanecer
Otra vez me voy a acostar vestido, la luz prendida para no guacarear

Pero mañana es otra noche donde volveré a tomar
Donde me rechazarán y donde terminaré en la alcantarilla


Il y a au Mexique un verbe primordial, incontournable, qui se décline de mille facons. Il s´agit bien sur du verbe chingar. Découvrons ensemble comment on peut le traduire ainsi que quelques unes de ses déclinaisons. Les apports sont encore ici bienvenus.
Chingar : le sens premier, c´est baiser.
Deja de chingar: arrete de saouler, arrete de me faire chier.
Me estas chingando: tu te moques de moi (soutenu), tu te payes ma tete, tu te fous de ma gueule.
Está bien chingón: c´est cool, c´est de la balle/de la bombe, ca déchire, ca envoie (du lourd), c´est mortel, c´est terrible, c´est un truc de ouf.
Es un chingón: c´est un crack/un as, un mec terrible
Hijo de la chingada: fils de pute
Esta chingadera: cette merde, cette connerie, cette saloperie, ce putain de truc.
Me chingaron: je me suis fait avoir/niquer/arnaquer/baiser
Vámonos a la chingada: on se tire/se casse/se taille/s´arrache
Estar en chinga: etre pressé, sous pression, en speed
Está hasta la chingada: c´est a perpete (les oies, les lurons), c´est au diable vauvert, c´est a Petaouchnok
Vete a la chingada: va te faire voir/foutre/enculer
Chingao! : merde, putain, putain de merde.
Un chingo de: un tas de, un max de, gavé.

(EN COURS D´ECRITURE!!)

Voici une petite chanson misogyne écrite par le grand Georges Brassens. Ce n'est sûrement pas la dernière fois que vous entendrez parler de lui ici! Celle-ci, sûrement car c'était un grand timide dans l'âme et qu'il n'aimait pas fâcher, il ne l'a pas chantée. D'autres l'ont fait à sa place. Voici un interprète ainsi que les paroles traduites.


Si seulement elle était jolie
Je dirais: "tout n'est pas perdu.
Elle est folle, c'est entendu,
Mais quelle beauté accomplie!"
Hélas elle est plus laide bientôt
Que les sept péchés capitaux. {2x}

Si seulement elle avait des formes,
Je dirais: "tout n'est pas perdu,
Elle est moche c'est entendu,
Mais c'est Venus copie conforme."
Malheureusement, c'est désolant,
C'est le vrai squelette ambulant. {2x}

Si seulement elle était gentille,
Je dirais: "tout n'est pas perdu,
Elle est plate c'est entendu,
mais c'est la meilleure des filles."
Malheureusement c'est un chameau,
Un succube, tranchons le mot. {2x}

Si elle était intelligente,
Je dirais: "tout n'est pas perdu,
Elle est vache, c'est entendu,
Mais c'est une femme savante."
Malheureusement elle est très bête
Et tout à fait analphabète. {2x}

Si seulement l'était cuisinière,
Je dirais: "tout n'est pas perdu,
Elle est sotte, c'est entendu,
Mais quelle artiste culinaire!"
Malheureusement sa chère m'a
Pour toujours gâté l'estomac. {2x}

Si seulement elle était fidèle,
Je dirais :"tout n'est pas perdu,
Elle m'empoisonne, c'est entendu,
Mais c'est une épouse modèle."
Malheureusement elle est, papa,
Folle d'un cul qu'elle n'a pas! {2x}

Si seulement l'était moribonde,
Je dirais: "tout n'est pas perdu,
Elle me trompe c'est entendu,
Mais elle va quitter le monde."
Malheureusement jamais elle tousse:
Elle nous enterrera tous. {2x}
Ojalá fuese guapa,
Me diría: "hay esperanza,
Está loca, claro está,
Pero que belleza incomparable!"
Por desgracia es más fea
Que los siete pecados capitales;

Ojalá tuviera curbas,
Me diría: "hay esperanza,
Está horrenda, claro está,
Pero es idéntica a Venus."
Desafortunadamente, es desolante,
es un verdadero esqueleto ambulante.

Ojalá fuera bondadosa,
Me diría: "hay esperanza,
Está plana, claro está,
pero es la mejor de las chavas."
Desafortunadamente es una cabrona,
un demonio, la verdad.

Ojalá fuera inteligente,
Me diría: "hay esperanza,
Es cruel, claro está,
pero es una mujer erudita."
Desafortunadamente es idiota
y totalmente analfabeta.

Ojalá fuera cocinera,
Me diría: "hay esperanza,
Es mensa, claro está,
pero qué artista culinaria!"
Desafortunadamente sus guisos me han
para siempre dañado el estómago.

Ojalá fuera fiel,
Me diría: "hay esperanza,
me amarga la vida, claro está,
pero es un modelo de esposa."
Por desgracia está, papá,
loca por un culo que no tiene!

Ojalá estuviese moribunda,
Me diría: "hay esperanza,
Me pone cuernos, claro está,
Pero se nos va a adelantar."
Por desgracia nunca tose:
nos enterrará a todos.

La traduction n'est pas excellente, les commentaires sont les bienvenus.

Les dictionnaires les plus complets de la langue française possèdent plus de 90 000 mots, tandis que l'anglais en compte plus de 200 000. Mais la richesse d'une langue n'est pas proportionnelle à son nombre de mots.

Dans son dictionnaire d'argot publié en 1865, intitulé Les excentricités du langage, Loredan Larchey montre la richesse du langage fleuri, imagé, argotique pour décrire certains objets ou situations.

Ainsi, on peut suivre tous les degrés d'ébriété d'une personne: on commence par être bien, puis on est gai, lancé, éméché, pompette, allumé, puis enfin raide comme la justice, bourré, farci, blindé, rond, on a son compte. Le lendemain, on aura sûrement mal au cheveux.
Ce qui est intéressant c'est l'aspect imagé de ces expressions: prenez raide comme la justice, c'est la marche de l'ivrogne qui essaie de se tenir droit. Ou encore éméché, c'est un vase légèrement cassé: cela veut dire qu'on est encore en état de fonctionner, mais que la fête commence!

Il en est de même pour le vocabulaire de la lutte par exemple: se crêper le chignon c'est s'attraper par les cheveux, la dégelée indique que la température monte, on peut être rossé comme par un cheval, ou encore la trempe comme du linge sale.

La mort elle-même prête un verbe à chaque état: le joueur dévisse son billard, le fumeur casse sa pipe, le militaire passe l'arme à gauche.

Des mots comme argent, femme, ou faire l'amour possèdent des milliers d'équivalents en argot. C'est pour cela que le nombre de mots d'une langue ne signifie rien. Car un même mot signifie diverses choses en fonction du contexte, de sa position dans la phrase, et beaucoup d'entre eux ne sont même pas recensés. Et parle-t-on des mots qu'on utilise, ou qui existent, ou ont existé? Ce qui est important, c'est de les découvrir, les aimer, les partager et les faire vivre!

Ceci est une liste non exhaustive d'expressions contenant le mot cul. Bien sûr, ce mot appartenant au langage familier, même vulgaire, il ne faut pas les utiliser dans n'importe quel cadre! Mais certaines, comme avoir la tête dans le cul, appartiennent au langage courant et sont fréquemment utilisées.
  • Cul par-dessus tête: boca abajo, volteado, tirado. Ex: Il est tombé cul par-dessus tête
  • Avoir du cul, le cul bordé de nouilles, le cul: tener suerte, la suerte. Ex: Hier il a gagné au loto. Quel cul!
  • de cul: a caracter sexual, pornografico. Ex: Un film de cul, parler de cul.
  • Avoir la tête dans le cul: estar mal despierto. Ex: J'arrive pas à travailler aujourd'hui, j'ai la tête dans le cul!
  • En avoir plein le cul, raz le cul: estar harto. Ex: ce boulot, j'en ai plein le cul! (boulot:travail)
  • Y a pas à tortiller du cul pour chier droit: No se necesitan tantos esfuerzos para lograr lo que uno quiere.
  • Péter plus haut que son cul: Creerse la gran cosa.
  • Être coincé du cul, cul-pincé, cul-serré, avoir un balai dans le cul, avoir un parapluie dans le cul: ser muy formal, muy rigido, muy apretado.
  • Être cul béni: originalmente ser muy creyente, pero se aplica a personas cerradas, reaccionarias. Tiene algo de risible.
  • cul-sec! : fondo!
  • Avoir le cul entre deux chaises: estar entre dos aguas, irresoluto.
  • Être tendre du cul, avoir le cul tendre: ser una chica fácil. Ex: "Les deux maris et leurs deux femmes dont l'une a mauvaise tête et l'autre est tendre du cul".
  • Être comme cul et chemise: ser como uña y carne.
  • Se casser le cul : romperse la madre
  • Et mon cul c'est du poulet! : naaa, me estas chingando!
  • Avoir le feu au cul: tener mucha prisa, o estar muy caliente
  • Cul-de-jatte: persona con los miembros inferiores amputados
  • Cul-terreux: una persona humilde, con poca educación, de origen campesina. Ex: Ce cul-terreux, il n'a jamais vu un portable!"
  • Cucul, cucul la praline: ñoño
  • Cul-de-sac: calle sin salida.
  • Coller au cul: en coche, tener alguien pegado atrás.
  • Papier cul, PQ: papel de baño
  • Faux-cul: hipócrita
  • Peigne-cul: persona grosera, mal educada


    merci à Florian Mecton pour apporter son cul à l'édifice!

    Il ne peut y avoir de meilleure introduction au jeu de mots de fesses que ce superbe sketch de Daniel Prévost, pour l'émission Le petit rapporteur.

    Naît donc ici sans bruit ce blog sans prétention autre que celui de vous faire découvrir, élèves de français d'origine hispanophone et tout particulièrement mexicaine, les beautés cachées de la langue. Car le français est riche en expressions fleuries, plus ou moins vulgaires selon les gens distingués, mais moi je ne distingue pas, j'aime tout!

    Entre jeux de mots et expressions, proverbes et citations, liens intéressants, j'aimerais que vous trouviez ici quelques perles de la langue française. Car elle est riche et vaste, cette langue!
    Par exemple:
    • l'argent c'est la thune, le fric, les pépètes, l'oseille, le blé, le beurre, l'avoine, la caillasse, les radis...
    • la femme c'est la nana, la gonzesse, la meuf, la belette, la frangine, la greluche, la grognasse, la pépée, la poupée, la miss, la gadji...
    • être saoul c'est être bourré, beurré (comme un p'tit lu), bituré, rond, déchiré, plein, pompette, arraché, déchiré, à la rue, rétamé...
    Ce blog est donc destiné à vous apporter quelques petites doses d'expressions populaires et autres perles de la langue...